Nouvelle : "Nahïk" ch1
25/7/2008
Sur les traces du prophète
Il y eut une époque, où la terre séloignait du Seigneur, où lhomme corrompu pervertissait le don qui lui avait était fait par Dieu. Lhomme qui navait pas pris la pleine leçon de Babel, sest remis à douter de lexistence du Seigneur et se croire légal de Lui. Lhomme construisit des villes, des monuments spectaculaires pour sa seule gloire et pas au nom de Dieu. Il alla même jusquà blasphémer en imitant piètrement la création du seigneur en la monstruosité que sont les machines.
Cest en ce temps maudit que naquit Nahïk le Prophète, un 7 juillet à 7h du soir. Il grandit dans ce monde et pleurait chaque jour constatant le mal grandissant. Dès son plus jeune age, il éblouit son entourage par sa bonté et sa grande sagesse. A 10 ans, il sentoura de 7 apôtres : Mohamed Ibn Tahïr, Yousouf ben Lasser, Neil Befort, Frantz Himmler, Lee Xangtsu, Yasser Ibn Seifedine, Omar Ibn Kader. Nahïk et ses disciples soulevèrent les foules, galvanisées par les miracles que prodiguaient les saints hommes. En sept jours, Sainte Istanbul était lavée de ses dirigeants démoniaques. Cest avec rage quIstanbul fut purifiée amorçant le premier pas de la Révolution du Sang.
Le monde fut lavé de la souillure de ses dirigeants qui plaçaient laccumulation effrénée dargent bien avant la quête spirituelle. Là fut leur perte. Ils tentèrent de résister en envoyant leurs machines et leurs armes face à la foule. Mais que peuvent les machines contre les envoyés de Dieu. Lissue des guerres fut inévitablement une victoire du peuple croyant mais au prix de nombre dentre eux. Le massacre était si grand que Dieu sen émut et pleura sur la terre. Ainsi commença la monté des eaux et lEre des douleurs.
Locéan gagna du terrain pour repousser chaque jour un peu plus lhomme vers le centre des terres. Mais la terre elle-même ne supporta pas cet afflux de tristesse et se mut en une sécheresse sans précédent. Les forêts se changeaient en déserts et les fleuves se ratatinaient en minuscules sources. Lhomme apeuré perdit espoir et par là même ses restes dhumanité. Lhomme déchira lhomme pour les restes de cette nature meurtrie. Lhomme mourant perdit le chemin qui le conduisait à Dieu, égarant ainsi son âme et les bienfaits du repos éternel pour hanter la terre de ses doutes. Mais dans ce chaos où lhomme samenuisait, une lueur despoir subsistait. Cette lueur, cétait les descendant des 7 apôtres qui avaient survécu et sapprêtaient à propager la divine parole de Nahïk le prophète. Ainsi commença un nouvelle ère de vie : lAge des Fidèles.
Saint Ecrit, Evangile d Omar Ibn Kader, Fils du 7, v1.ch2.
***
Une rencontre signe du destin - 1
Neïl se réveilla doucement de cette longue nuit. La tempête de sable qui lavait contraint à arrêter sa route avait enfin cessé. Après sêtre débarrassé de tout ce sable accumulé sur ses vêtements, il sétira vigoureusement pour remettre en marche ses muscles fourbus après une nuit recroquevillé sous une tente de fortune. Il constata avec soulagement que son dromadaire navait pas réussi à se détacher pour fuir, car pris de cours par la formation subite de la tempête, Neïl navait pas pris le temps de nouer solidement les liens de lanimal comme à laccoutumée. Il était dautant plus soulagé quil aurait bien besoin de sa monture pour atteindre son objectif si lointain.
En effet, Neïl sest lancé seul, il y a déjà trois décans, en pèlerinage vers la ville du Prophète à lautre bout du grand désert. Sans doute voulait-il prouver à sa mère quil en était tout simplement capable, lui prouver, à elle et à tout son village, quil était devenu un homme. Il avait tout juste 17 ans mais était quelquun de plutôt débrouillard et sûr de lui, apprécié de tous pour sa bonne humeur. Malgré la désapprobation générale, Neïl ne voulait rien entendre
il avait pris sa décision et ne voulait pas quon le contredise comme on remet à sa place un enfant.
Néanmoins, il ne pouvait se mentir à lui-même plus longtemps, trois semaines de route avaient eu raison de la plupart de ses provisions et la solitude commençait vraiment à lui peser. Il voulait découvrir la terre médiane et partir à laventure. Mais laventure sest révélée être bien monotone, très loin de toute les grandes épopées que lui racontait les anciens lors des veillées du croissant. Son périple en solitaire lui paressait dautant plus absurde quil navait pas vraiment la fibre du parfait croyant. Bien sûr, il ne doutait pas de la divine protection de Nahïk le Prophète mais il peinait à respecter scrupuleusement lintégralité du dogme rigide des Envoyés.
Sortit de ces réflexions, il avait pris une décision ; ce voyage était absurde, tant pis pour son image
il allait rentrer chez lui. Mais à peine avait-il rangé son paquetage sur le dos de sa monture quil entendit le bruit dune dispute quelques dunes plus loin. Il se rapprocha discrètement pour en apprendre davantage et écouta :
- Tu nes quune moins que rien !
- Et toi un vieillard décadent qui fait honte à la robe que tu portes.
- Petite peste tu va regretter ces paroles !
- Lâche-moi
mais lâche-moi à la fin. Tu me fais mal ! Prend ça.
- Aïe ! Espèce de
où cours-tu comme ça ? Nous sommes en plein désert.
Sur ces mots, Neïl atteignait juste le sommet de la dune, quand il heurta de plein fouet un sauvageon arrivé en courant. Tombé à terre sous le choc et encore groggy alors même que son dromadaire partait au galop, létranger poussa un hurlement aigu de stupeur :
- A laide, un homme ma attaqué !
- Excusez-moi monsieur mais cest plutôt vous qui mêtes tombé dessus.
- Monsieur ? Et vous
Que faisiez-vous là, tapi tel un brigand ?
- Je comptais me rendre dans la ville sainte
enfin finalement, javait décidé de rentrer chez moi
bref tout cela est compliqué et je ne parle pas de ce genre de chose à quiconque maccuse de brigandage
A ce moment là, un homme portant les insignes de lordre saint des guérisseurs accompagné de deux gardes, armés de lances, sapprochèrent de Neïl et du jeune impertinent. Les deux soldats sinterposèrent rapidement entre eux et le prêtre guérisseur à lâge avancé mit fin au silence :
- Tous va bien dame Maëlle ?
- « Dame » ! Voila que vous prenez des grands airs après mavoir insultée publiquement il y a seulement quelques minutes, répondit-elle.
- Oh la barbe ! Je ne faisais que respecter le protocole devant un inconnu mais il est vrai quun tel effort ne peut paraître que désuet face à votre attitude denfant irresponsable
Mais passons. Vous faisiez mention dune attaque ? Ce jeune homme na pourtant pas vraiment la carrure dun brigand.
Tous deux se tournèrent alors intrigués vers Neïl. Celui-ci, intimidé par les deux gardes, navait su dire un mot et constatait seulement maintenant sa méprise. La personne quil avait heurtée navait rien dun homme. En effet, sous des vêtements masculins se cachait une jeune femme brune aux traits fins et aux jolis yeux verts. Après quelques secondes, encore sonné, il reprit ses esprits et dit tout en recouvrant de lassurance:
- Je me nome Neïl ibn Jahïr et je ne suis pas le moins du monde un brigand. Dailleurs, avant que vous ne me tombiez littéralement dessus, mademoiselle, jaccomplissais un pèlerinage vers Sainte-Istambul.
- Vous nêtes pas un peu jeune pour accomplir un tel périple en solitaire à travers le dessert ? répliqua le saint homme.
- Aucunement ! Je suis un homme maintenant et jaccomplis le devoir dun bon croyant si mon cur me le dicte, rétorqua Neïl qui nen pensait pas un mot.
- Excusez moi de vous avoir bousculé et fait perdre votre monture Neïl. Je me présente Maëlle de Midïne, et voici mon précepteur Seïfedine Ibn Badër, répondit-elle dune voie soudainement douce et suave.
- Jaccepte vos excuses et suis moi-même désolé de cette situation.
Seïfedine pris alors la parole avec une mine contrariée :
- Sil est vrai quelle vous a fait perdre votre monture, nous sommes donc vos débiteurs. Malheureusement, si nous avons bien de quoi vous dédommager financièrement, il ny a aucun village dans les environs pour que cela puisse vous être dun quelconque secours.
- Il na quà se joindre à notre convoi, déclara Maëlle dun ton désinvolte.
- Tu sais bien que cela mest interdit par ton père qui ma chargé de veiller sur ta sécurité, dit le vieil homme. Après tout, cest un inconnu et on ne peut pas connaître ses véritables intentions, murmura t-il ensuite.
- Voila bien les paroles dun homme de foi ayant confiance en lavenir, clama Maëlle qui navait cure de la discrétion de son compagnon. Dailleurs, lui comme nous navons vraiment le choix, non ? Le laisser dans ce désert le conduirait forcement à une mort certaine, et je ne peux croire quun saint homme de lordre des guérisseurs tel que vous, puissiez vous en accommoder.
- Ne plaisantez pas avec la mort, jeune impertinente, répondit Seïfedine. Et même si je vois clair dans votre petit jeu qui vise à membarrasser alors que vous navez au fond que faire de ce garçon, je suis bien obligé de me ranger derrière votre dernière remarque. Jeune homme acceptez-vous de vous joindre à nous pour le reste du voyage ?
- Heu
et bien, jen serait ravi, si je savais seulement où vous allez.
- Par Nahïk ! Où avais-je la tête ? Excuse-moi mon garçon et apprend que nous nous rendons également à Néo-Istambül pour honorer une promesse de mariage.
- Dans se cas, je me joins à vous sans hésitation, répliqua Neïl amusé de ce retournement de situation alors quil avait décidé de rebroussé chemin, las dêtre seul.
- Et bien en route, clama Seïfedine !
Neïl se mit alors en marche, en silence, pour rejoindre le convoi de ses nouveaux compagnons. Tout au long du trajet, il tenta vainement de capter le regard de la jeune Maëlle mais la seule attention quil avait gagné provenait de lun des sinistres gardes qui, marqué au visage dune longue balafre, était borgne. Un peu gêné par cette surveillance, il aperçut avec soulagement le convoi situé finalement à moins de cinq minutes de marche.
Celui-ci était en fait composé de quatre chariots tractés par huit draconiens denvergure rassemblant à première vue une dizaine de personne : quatre gardes, deux servantes et deux marchands en plus de Maëlle et Seïfedine. Lune des suivantes, âgée dau moins soixante ans, descendit à terre en nous voyant et sexclama :
- Dieu du ciel ! Vous avez réussi à la rattraper seigneur Seïfedine.
- Comme vous le voyez dame Najouël, nous avons fini par la récupéré saine et sauve. Elle nétait dailleurs pas partie bien loin.
- Et ce garçon ? dit la vielle Najouël en dévisageant Neïl de haut en bas.
- Cest un jeune roturier dont la monture a été lune victime de plus de lexubérance de Maëlle. Il fera donc dorénavant parti du convoi.
... à suivre ...
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Poème : La voix des dieux
24/7/2008
La Voie des dieux
Si le monde était loin de ce qu’il semble être :
« Un immense espace où le hasard règne en maître. »
Si toute chose n’était que le fruit de mon être :
Je contrôlerais ce qui ne serait que paraître.
Hommes, lieux et bêtes ne seraient que mes pensées.
Éveillé, je saurais me satisfaire de mes excès.
Ainsi, j’accepterais de bon gré le malheur,
Puisqu’il viendrait du tréfonds de mon cœur.
Je ne verrais plus l’incident comme une injustice,
Mais comme la vibration inconsciente de mes vices.
Je saluerais ma création comme part de moi-même.
Je prendrais mon envol pour atteindre ce que j’aime.
Ensuite, passé l’acceptation pour vivre heureux,
J’apprendrais à dompter ma réalité selon mes vœux.
Seul être conscient d’un univers à ma merci.
Je modèlerais, tel un dieu, mon rêve par magie.
Mais tel l’artiste qui orchestre seul son chef d’œuvre,
Je pleurerais l’absence d’un public appréciant la manœuvre.
Aussi, passées les joies de l’apprenti magicien,
Je me désolerais de mes compagnons faits de rien.
Dans un monde où je serais l’unique maître à bord,
La solitude me pousserait à sauter par-dessus bord.
De tribord à bâbord en cherchant le naufrage,
Je ne pourrais trouver le repos qui vient avec l’age.
Immortel abandonné, isolé dans ses pensés,
Je n’atteindrais le salut que par une de mes idées.
Si il était vain d’attendre l’intervention d’un tiers,
Je n’aurais qu’à créer quelqu’un qui fasse office de pair.
Je n’enfanterais pas l’une de mes créations factices,
Mais bien un alter ego fruit de ma propre matrice.
Mieux encore, je diviserais ma conscience infinie,
En une multitude d’individus imparfaits mais finis.
Commencerait alors un nouveau cycle de vie,
Où les consciences incomplètes savoureraient autrui.
Philippe Artigue, le 26/06/07
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