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Nouvelle : "Nahïk" ch1

  : Ajouté le 25/7/2008 à 11:47

Sur les traces du prophète


Il y eut une époque, où la terre s’éloignait du Seigneur, où l’homme corrompu pervertissait le don qui lui avait était fait par Dieu. L’homme qui n’avait pas pris la pleine leçon de Babel, s’est remis à douter de l’existence du Seigneur et se croire l’égal de Lui. L’homme construisit des villes, des monuments spectaculaires pour sa seule gloire et pas au nom de Dieu. Il alla même jusqu’à blasphémer en imitant piètrement la création du seigneur en la monstruosité que sont les machines.

C’est en ce temps maudit que naquit Nahïk le Prophète, un 7 juillet à 7h du soir. Il grandit dans ce monde et pleurait chaque jour constatant le mal grandissant. Dès son plus jeune age, il éblouit son entourage par sa bonté et sa grande sagesse. A 10 ans, il s’entoura de 7 apôtres : Mohamed Ibn Tahïr, Yousouf ben Lasser, Neil Befort, Frantz Himmler, Lee Xangtsu, Yasser Ibn Seifedine, Omar Ibn Kader. Nahïk et ses disciples soulevèrent les foules, galvanisées par les miracles que prodiguaient les saints hommes. En sept jours, Sainte Istanbul était lavée de ses dirigeants démoniaques. C’est avec rage qu’Istanbul fut purifiée amorçant le premier pas de la Révolution du Sang.

Le monde fut lavé de la souillure de ses dirigeants qui plaçaient l’accumulation effrénée d’argent bien avant la quête spirituelle. Là fut leur perte. Ils tentèrent de résister en envoyant leurs machines et leurs armes face à la foule. Mais que peuvent les machines contre les envoyés de Dieu. L’issue des guerres fut inévitablement une victoire du peuple croyant mais au prix de nombre d’entre eux. Le massacre était si grand que Dieu s’en émut et pleura sur la terre. Ainsi commença la monté des eaux et l’Ere des douleurs.

L’océan gagna du terrain pour repousser chaque jour un peu plus l’homme vers le centre des terres. Mais la terre elle-même ne supporta pas cet afflux de tristesse et se mut en une sécheresse sans précédent. Les forêts se changeaient en déserts et les fleuves se ratatinaient en minuscules sources. L’homme apeuré perdit espoir et par là même ses restes d’humanité. L’homme déchira l’homme pour les restes de cette nature meurtrie. L’homme mourant perdit le chemin qui le conduisait à Dieu, égarant ainsi son âme et les bienfaits du repos éternel pour hanter la terre de ses doutes. Mais dans ce chaos où l’homme s’amenuisait, une lueur d’espoir subsistait. Cette lueur, c’était les descendant des 7 apôtres qui avaient survécu et s’apprêtaient à propager la divine parole de Nahïk le prophète. Ainsi commença un nouvelle ère de vie : l’Age des Fidèles.


Saint Ecrit, Evangile d’ Omar Ibn Kader, Fils du 7, v1.ch2.

 


***

 

Une rencontre signe du destin - 1


Neïl se réveilla doucement de cette longue nuit. La tempête de sable qui l’avait contraint à arrêter sa route avait enfin cessé. Après s’être débarrassé de tout ce sable accumulé sur ses vêtements, il s’étira vigoureusement pour remettre en marche ses muscles fourbus après une nuit recroquevillé sous une tente de fortune. Il constata avec soulagement que son dromadaire n’avait pas réussi à se détacher pour fuir, car pris de cours par la formation subite de la tempête, Neïl n’avait pas pris le temps de nouer solidement les liens de l’animal comme à l’accoutumée. Il était d’autant plus soulagé qu’il aurait bien besoin de sa monture pour atteindre son objectif si lointain.

En effet, Neïl s’est lancé seul, il y a déjà trois décans, en pèlerinage vers la ville du Prophète à l’autre bout du grand désert. Sans doute voulait-il prouver à sa mère qu’il en était tout simplement capable, lui prouver, à elle et à tout son village, qu’il était devenu un homme. Il avait tout juste 17 ans mais était quelqu’un de plutôt débrouillard et sûr de lui, apprécié de tous pour sa bonne humeur. Malgré la désapprobation générale, Neïl ne voulait rien entendre… il avait pris sa décision et ne voulait pas qu’on le contredise comme on remet à sa place un enfant.

Néanmoins, il ne pouvait se mentir à lui-même plus longtemps, trois semaines de route avaient eu raison de la plupart de ses provisions et la solitude commençait vraiment à lui peser. Il voulait découvrir la terre médiane et partir à l’aventure. Mais l’aventure s’est révélée être bien monotone, très loin de toute les grandes épopées que lui racontait les anciens lors des veillées du croissant. Son périple en solitaire lui paressait d’autant plus absurde qu’il n’avait pas vraiment la fibre du parfait croyant. Bien sûr, il ne doutait pas de la divine protection de Nahïk le Prophète mais il peinait à respecter scrupuleusement l’intégralité du dogme rigide des Envoyés.

Sortit de ces réflexions, il avait pris une décision ; ce voyage était absurde, tant pis pour son image… il allait rentrer chez lui. Mais à peine avait-il rangé son paquetage sur le dos de sa monture qu’il entendit le bruit d’une dispute quelques dunes plus loin. Il se rapprocha discrètement pour en apprendre davantage et écouta :

- Tu n’es qu’une moins que rien !

- Et toi un vieillard décadent qui fait honte à la robe que tu portes.

- Petite peste tu va regretter ces paroles !

- Lâche-moi… mais lâche-moi à la fin. Tu me fais mal ! Prend ça.

- Aïe ! Espèce de… où cours-tu comme ça ? Nous sommes en plein désert.

Sur ces mots, Neïl atteignait juste le sommet de la dune, quand il heurta de plein fouet un sauvageon arrivé en courant. Tombé à terre sous le choc et encore groggy alors même que son dromadaire partait au galop, l’étranger poussa un hurlement aigu de stupeur :

- A l’aide, un homme m’a attaqué !

- Excusez-moi monsieur mais c’est plutôt vous qui m’êtes tombé dessus.

- Monsieur ? Et vous… Que faisiez-vous là, tapi tel un brigand ?

- Je comptais me rendre dans la ville sainte… enfin finalement, j’avait décidé de rentrer chez moi…bref tout cela est compliqué et je ne parle pas de ce genre de chose à quiconque m’accuse de brigandage…

A ce moment là, un homme portant les insignes de l’ordre saint des guérisseurs accompagné de deux gardes, armés de lances, s’approchèrent de Neïl et du jeune impertinent. Les deux soldats s’interposèrent rapidement entre eux et le prêtre guérisseur à l’âge avancé mit fin au silence :

- Tous va bien dame Maëlle ?

- « Dame » ! Voila que vous prenez des grands airs après m’avoir insultée publiquement il y a seulement quelques minutes, répondit-elle.

- Oh la barbe ! Je ne faisais que respecter le protocole devant un inconnu mais il est vrai qu’un tel effort ne peut paraître que désuet face à votre attitude d’enfant irresponsable… Mais passons. Vous faisiez mention d’une attaque ? Ce jeune homme n’a pourtant pas vraiment la carrure d’un brigand.

Tous deux se tournèrent alors intrigués vers Neïl. Celui-ci, intimidé par les deux gardes, n’avait su dire un mot et constatait seulement maintenant sa méprise. La personne qu’il avait heurtée n’avait rien d’un homme. En effet, sous des vêtements masculins se cachait une jeune femme brune aux traits fins et aux jolis yeux verts. Après quelques secondes, encore sonné, il reprit ses esprits et dit tout en recouvrant de l’assurance:

- Je me nome Neïl ibn Jahïr et je ne suis pas le moins du monde un brigand. D’ailleurs, avant que vous ne me tombiez littéralement dessus, mademoiselle, j’accomplissais un pèlerinage vers Sainte-Istambul.

- Vous n’êtes pas un peu jeune pour accomplir un tel périple en solitaire à travers le dessert ? répliqua le saint homme.

- Aucunement ! Je suis un homme maintenant et j’accomplis le devoir d’un bon croyant si mon cœur me le dicte, rétorqua Neïl qui n’en pensait pas un mot.

- Excusez moi de vous avoir bousculé et fait perdre votre monture Neïl. Je me présente Maëlle de Midïne, et voici mon précepteur Seïfedine Ibn Badër, répondit-elle d’une voie soudainement douce et suave.

- J’accepte vos excuses et suis moi-même désolé de cette situation.

Seïfedine pris alors la parole avec une mine contrariée :

- S’il est vrai qu’elle vous a fait perdre votre monture, nous sommes donc vos débiteurs. Malheureusement, si nous avons bien de quoi vous dédommager financièrement, il n’y a aucun village dans les environs pour que cela puisse vous être d’un quelconque secours.

- Il n’a qu’à se joindre à notre convoi, déclara Maëlle d’un ton désinvolte.

- Tu sais bien que cela m’est interdit par ton père qui m’a chargé de veiller sur ta sécurité, dit le vieil homme. Après tout, c’est un inconnu et on ne peut pas connaître ses véritables intentions, murmura t-il ensuite.

- Voila bien les paroles d’un homme de foi ayant confiance en l’avenir, clama Maëlle qui n’avait cure de la discrétion de son compagnon. D’ailleurs, lui comme nous n’avons vraiment le choix, non ? Le laisser dans ce désert le conduirait forcement à une mort certaine, et je ne peux croire qu’un saint homme de l’ordre des guérisseurs tel que vous, puissiez vous en accommoder.

- Ne plaisantez pas avec la mort, jeune impertinente, répondit Seïfedine. Et même si je vois clair dans votre petit jeu qui vise à m’embarrasser alors que vous n’avez au fond que faire de ce garçon, je suis bien obligé de me ranger derrière votre dernière remarque. Jeune homme acceptez-vous de vous joindre à nous pour le reste du voyage ?

- Heu… et bien, j’en serait ravi, si je savais seulement où vous allez.

- Par Nahïk ! Où avais-je la tête ? Excuse-moi mon garçon et apprend que nous nous rendons également à Néo-Istambül pour honorer une promesse de mariage.

- Dans se cas, je me joins à vous sans hésitation, répliqua Neïl amusé de ce retournement de situation alors qu’il avait décidé de rebroussé chemin, las d’être seul.

- Et bien en route, clama Seïfedine !

Neïl se mit alors en marche, en silence, pour rejoindre le convoi de ses nouveaux compagnons. Tout au long du trajet, il tenta vainement de capter le regard de la jeune Maëlle mais la seule attention qu’il avait gagné provenait de l’un des sinistres gardes qui, marqué au visage d’une longue balafre, était borgne. Un peu gêné par cette surveillance, il aperçut avec soulagement le convoi situé finalement à moins de cinq minutes de marche.

Celui-ci était en fait composé de quatre chariots tractés par huit draconiens d’envergure rassemblant à première vue une dizaine de personne : quatre gardes, deux servantes et deux marchands en plus de Maëlle et Seïfedine. L’une des suivantes, âgée d’au moins soixante ans, descendit à terre en nous voyant et s’exclama :

- Dieu du ciel ! Vous avez réussi à la rattraper seigneur Seïfedine.

- Comme vous le voyez dame Najouël, nous avons fini par la récupéré saine et sauve. Elle n’était d’ailleurs pas partie bien loin.

- Et ce garçon ? dit la vielle Najouël en dévisageant Neïl de haut en bas.

- C’est un jeune roturier dont la monture a été l’une victime de plus de l’exubérance de Maëlle. Il fera donc dorénavant parti du convoi.


... à suivre ...

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Entre œuvres coups de cœur et créations ludiques : un blog pour découvrir des jeux et des livres qui invite à plonger dans l'imaginaire. Créé Philippe Artigue alias Foux

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